La langue

Notre parler acadien

Dans la région de Chéticamp, on parle la langue française avec un accent qui remonte à la France du 17e siècle – particulièrement aux régions rurales de l’Aunis, de la Saintonge et du Poitou, d’où sont venus un très grand nombre de colons de l’Acadie, avec Isaac de Razilly.

En plus de cet accent bien particulier, notre parler est caractérisé par une façon spéciale de prononcer certaines consonnes, comme nos « C », nos « Q » et nos « T », ce que les linguistes appellent le son chuintant. On remplace généralement ces consonnes par le son du « CH » anglais (comme dans « chimney »). Voici quelque exemples :

« cœur » ou « chœur » se prononce « tcheur »
« queue » se prononce « tcheu »
« tien » se prononce « tchin »
« quelque » se prononce « tcheuque »
« quelques-unes » se prononce « tcheuquezunes »

Mais attention, comme pour toute règle de grammaire, il y a des exceptions! On ne chuinte pas le « Q » dans les pronoms interrogatifs comme « quoi », par exemple. Et on ne chuinte pas le « C » dans « cultiver ».

Nos conjugaisons ont aussi leur particularité. Par exemple, on présent de l’indicatif, nous conjugaison le verbe « chanter » comme suit : J’chante, Tu chante, I’ chante, J’chantons, Vous chantez, I’ chantont.

Devant certaines consonnes doublées, le « o » devient « ou », comme dans, « J’mangeons des bounnes poummes. », au lieu de, « Nous mangeons de bonnes pommes ».

Notre vocabulaire même se distingue aussi par de nombreux archaïsmes, des mots et expressions qu’on utilisait en France au 17e siècle. Aussi, utilisons-nous plusieurs termes marins dans des contextes qui n’ont rien à voir avec la mer. Par exemple, on dit « chavirer un verre d’eau », « embarquer dans une voiture », « amarrer ses souliers », etc.

Dans les temps modernes, notre vieux parler acadien s’est vu ternir par l’introduction de beaucoup trop d’anglicismes. Néanmoins, le français de chez nous demeure une particularité qui nous distinguent de toutes les autres communautés acadiennes. C’est sans doute le grand isolement de notre coin de l’Acadie durant le premier siècle de son histoire, qui nous a permis de conserver le charme de notre vielle langue française.

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